Robert Asselin on the EPA’s proposal to cut carbon emissions (in French)

Jun 03, 2014

Note: This article was first published in in LaPresse on June 3, 2014.  Article is in French.

En annonçant hier un plan de lutte sérieux contre les changements climatiques, le président américain Obama a posé l'un des gestes les plus significatifs de sa présidence.

L'objectif annoncé par l'Environmental Protection Agency (EPA) de réduire de 30% d'ici 2030 les émissions de carbone par rapport à celles de 2005 représente le plus grand effort jamais entrepris par le gouvernement américain de s'attaquer aux changements climatiques. Si le plan est mis en oeuvre, cela impliquera une réduction de 500 millions de tonnes métriques de carbone annuellement.

Aux États-Unis, 40% des émissions sont produites par les centrales énergétiques (principalement des centrales au charbon). L'annonce d'hier vise directement ces centrales en leur imposant un plafond quant à leurs niveaux d'émissions ce qui, dans les faits, équivaut à établir un prix sur le carbone.

Une portée international

Au-delà de la dimension nationale, l'annonce aura une portée internationale considérable. D'abord parce que les États-Unis et la Chine sont les deux plus grands émetteurs de carbone à l'échelle de la planète (près de 70% des émissions totales), le message envoyé au reste du monde est sans équivoque. Avant le sommet mondial de Paris qui se tiendra en 2015, l'annonce du président Obama vient insuffler un nouvel élan aux négociations qui s'amorcent pour en venir à un nouvel accord multilatéral. Cela est loin d'être anodin, considérant l'inertie observée au cours des récentes années.

Enfin, la direction que vient de prendre le gouvernement américain aura un effet certain sur les forces du marché, qui prendront un virage important dans la production, la transmission et la consommation énergétiques. Déjà, les investissements et les emplois liés aux énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien et la biomasse ont connu un essor considérable au cours des dernières années aux États-Unis. Le mouvement ne sera qu'amplifié à la suite de cette nouvelle réglementation.

Le Canada

en mauvaise posture

Quelles seront les conséquences pour le Canada? Jouissant d'une réputation déjà peu envieuse sur le plan environnemental, le gouvernement Harper se trouve dans une situation encore plus vulnérable. En refusant de mettre de l'avant sa propre réglementation sur les émissions de carbone, il place le Canada dans une position doublement désavantageuse.

D'une part, comme nous l'avons constaté dans le fiasco de l'oléoduc Keystone, l'absence d'action concrète sur le plan des changements climatiques nuit à l'exportation du pétrole lourd venant des sables bitumineux de l'Alberta. Grâce entre autres à la révolution dans l'exploration du gaz naturel, les États-Unis auront le luxe d'être plus sélectifs dans l'importation de l'énergie et préférer des sources moins polluantes. Si le Canada avait agi en matière de séquestration du carbone ou en réglementant l'industrie, il ne serait pas dans cette situation.

D'autre part, plutôt que de devenir un leader mondial dans la recherche et le développement et l'innovation en matière énergétique et de créer un marché propice aux investissements privés, le Canada risque de se faire damer le pion par les pays qui auront compris le potentiel économique lié à ce virage.

À l'avenir, les économies à faibles émissions de carbone auront un avantage compétitif important. Au-delà de la lutte aux changements climatiques, c'est cela qu'il faut saisir dans l'annonce d'hier. Le président Obama, lui, l'a compris.

 

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